Réévaluation du risque de l’exposition à l’amiante

décembre 19, 2013 11:49 Publié par Laissez vos commentaires

Pour la direction scientifique de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation de l’environnement et du travail, l’Anses, qui a pris la suite de l’Afsset, l’amiante est une cancérogène sans seuil. Autrement dit, il n’existe aucune limite en dessous de laquelle respirer cette fibre ne présente aucun risque.

Actuellement, la règlementation, qui remonte à 1974, a été définie à partir de la mesure du fonds de pollution de l’air en Ile de France.

En février 2009, l’Anses a proposé de diviser la limite autorisée par dix, en affichant le principe « Moins on est exposé, mieux on se porte ». Actuellement, la règlementation, telle que définie en 1974 fixe pour la population générale le taux d’empoussièrement maximum à 5 fibres d’amiante par litre d’air dans les bâtiments.

Comme la concentration de fibres d’amiantes dans l’air d’Ile de France a considérablement diminué depuis les années 1970, l’Anses estime que la population ne devrait pas être exposée à plus de 0,5 fibre par litre.

Par contre, pour les professionnels en contact direct avec l’amiante, notamment sur les chantiers de rénovation, l’agence préconise de remplacer, la norme française actuelle de 100 fibres par litre d’air en une heure, par celle en vigueur en Suisse, en Allemagne et aux Pays Bas, qui est de dix fibres par litre d’air sur huit heures.

Les maladies imputables à l’amiante se déclarent, en règle générale, trente-cinq à quarante ans après l’exposition à cette fibre minérale en tuant des milliers de personnes à petit feu, depuis la fin des années 1960. En France, au moins 35 000 personnes sont déjà mortes d’une maladie de l’amiante, entre 1965 et 1995, selon les estimations du Sénat et, selon celles de l’Institut de veille sanitaire, l’InVs, 18 000 à 25 000 autres personnes devraient mourir d’un cancer de la plèvre d’ici 2030.

Le cancer de la plèvre tue majoritairement des hommes ayant travaillé dans le bâtiment, sur les chantiers navals et la chaudronnerie. Cependant, des femmes qui ont, pendant des années, lavé les bleus de travail de leurs époux ou de leurs fils, lorsqu’ils sont rentrés de l’usine ou du chantier, développent également ces cancers.

Il faut signaler que toutes les atteintes liées à l’amiante ne sont heureusement pas mortelles, si elles ne dégénèrent pas en cancer, il s’agit de plaques pleurales, généralement bénignes déposées sur la plèvre.