SAINT-AUBAN : Une sortie de crise possible pour les retraités d’Arkema

septembre 15, 2015 5:02 Publié par

Les positions se sont rapprochées dans le dossier amiante.

Rene Galvez

La direction générale d’Arkema a souhaité communiquer samedi matin aux aurores. C’est le directeur du site de Saint-Auban, Gilles Carraz, rentré la nuit précédente du siège de Colombes, qui était porteur des derniers éléments d’un dossier qui implique (en tout) 600 ex-salariés du site – dont 350 ont déjà été jugés en appel à Aix-en-Provence.

On se souvient que les jugements d’appel ont été  » individualisés » par les 3 juges aixoises et, globalement, à l’exception de 25 cas, les jugements ont été extrêmement défavorables aux retraités du site chimique.

En moyenne, chacun devait « rendre à Arkema » 4 500 euro; sur les 8 000 perçus en première instance. L’idée de restituer « entre 2000 et 6000 euro;, pour en faire don à une ou des associations « , a enflammé les esprits au printemps dernier.

Sur proposition du Comité amiante prévenir et réparer (Caper), des blocages des entrées du site ont été mis en place.

Une négociation compliquée

Une proposition commune de laisser du temps, jusqu’au 15 septembre, aux cabinets d’avocats respectifs, pour trouver une issue à ce conflit, a été acceptée et signée le 10 mars par tous. Suivant Gilles Carraz : « après qu’Arkema ait proposé un règlement global du dossier intégrant les 250 contentieux en cours, les avocats du Caper ont transmis fin août une proposition d’indemnisation de chaque plaignant à 5 000 euro; (+ 200 au titre de l’article 700 du Code de procédure civile – c’est l’usage).

Pour le directeur, la situation est claire : « nous avons accepté cette proposition début septembre et le 9, nous recevons un nouveau courrier du Caper et de ses avocats qui exigent maintenant 6 000 euro; ! Dans ces conditions, nous nous demandons si on peut faire confiance à la parole de gens, qui renient leurs engagements écrits.

« Par ailleurs, et pour couper court à toute nouvelle discussion, nous avons décidé, en cas d’accord, de ne rien exiger des 26 retraités, qui ont été plus fortement indemnisés en appel que leurs camarades. Enfin, si nous validons cet accord, cela va simplifier les procédures des centaines de retraités qui sont, ou vont être jugés, au conseil des prud’hommes de Digne. Un règlement de leur situation sera possible d’ici la fin de l’année.

« Dans ces conditions, nous ne comprenons pas que le Caper et ses avocats reviennent sur leur propre engagement écrit et maintiennent le blocage de l’usine, le 15 septembre, alors qu’un accord sur le montant était conclu pour la totalité des dossiers. Ce qui représente un versement de plus de 3 millions d’euros pour Arkema. »

Le Caper

Le président René Villard, Jean-Pierre Bonnet et Francine Obelisco, réunis samedi après-midi, ont convenu qu’un problème de communication avait faussé la demande du Caper à ses avocats.

« Nous souhaitions que chaque camarade reçoive 5 000 euro;, mais en net, ce qui conduit à inscrire la somme de 5 700 euro; dans le protocole d’accord. Nos adhérents auront l’occasion de prendre leur décision mardi matin à 7 heures devant l’usine. Les positions de la direction d’Arkema et les nôtres se sont bien rapprochées. Nous sommes très près d’un accord. Ce serait dommage d’échouer si près du but. Surtout que sur d’autres sites du groupe chimique, les salariés ont obtenu beaucoup plus ! »

Pour les militants, il reste un devoir à accomplir, « celui d’accompagner tous nos camarades des entreprises de sous-traitances historiques de Saint-Auban, dont cinq sont reconnues par le Décret amiante ».