Travailleurs du nucléaire: risque accru de cancers même à faibles doses d’irradiation

octobre 26, 2015 7:32 Publié par

( AFP / Charly Triballeau )

L’exposition prolongée à de faibles doses de rayonnements ionisants augmente le risque de cancers, selon une étude internationale portant sur plus de 300.000 travailleurs du nucléaire en France, en Grande-Bretagne et aux États-Unis.

Les résultats « fournissent des preuves directes des risques de cancers liés aux expositions prolongées à de faibles doses de rayonnements ionisants », a commenté l’agence du cancer de l’Organisation mondiale de la Santé, (CIRC/IARC), dans un communiqué publié mercredi soir.

L’augmentation du risque est toutefois « modeste », ajoute l’agence basée à Lyon(France), qui a coordonné l’étude publiée dans le British Medical Journal (BMJ).

« Cette étude démontre une association significative entre une dose croissante d’irradiation et le risque de tous les cancers solides », c’est à dire les cancers qui touchent des organes, celui du sang étant exclu, explique la chercheuse du CIRC, le Dr Ausrele Kesminiene, co-signataire de l’étude.

Dans le groupe de travailleurs du nucléaire étudiés, sur 100 décès observés par cancers (autre que la leucémie), environ un décès peut être attribué à l’exposition aux rayonnements en milieu de travail, selon le CIRC.

L’étude a évalué les expositions de plus de 300.000 travailleurs du nucléaire (moyenne d’âge 58 ans) en France, au Royaume-Uni, et aux Etats-Unis entre 1943 et 2005.

« Les résultats sont importants non seulement pour la protection des travailleurs dans l’industrie nucléaire, mais aussi pour le personnel médical et la population en général », selon le Dr Isabelle Thierry-Chef du CIRC, également co-auteur de l’étude, citée dans le communiqué.

« Le niveau de dose reçue par les travailleurs du nucléaire est comparable avec celles reçues par les patients » qui auraient subi à plusieurs reprises certains examens d’imagerie médicale ou des interventions guidées par la radiologie, a-t-elle ajouté. « Cela souligne l’importance de trouver un équilibre entre les risques et les avantages de ces procédures d’imagerie médicale ».

Pour le Dr Christopher Wild, directeur du CIRC, « beaucoup de questions demeurent quant à l’impact des rayonnements sur la santé ». Continuer la surveillance de ce groupe de 300.000 personnes jouera un rôle clé pour mieux comprendre le lien entre le cancer et les radiations, note-t-il.

Même si, en enlevant les cancers du poumon et de la plèvre, les résultats étaient similaires, les chercheurs n’ont pas pu écarter totalement que le tabagisme et l’amiante aient pu avoir une influence sur les résultats, précise le Dr Kesmini.