L’Adevimap, un acteur précieux du territoire
juin 17, 2014 10:43 am Laissez vos commentairesLA MARSEILLAISE 12 juin 2014
L’association de défense des victimes de maladies professionnelles vient de tenir son assemblée générale;
L’Adevimap, un acteur précieux du territoire
Bilan d’activités 2013, programme pour 2014: l’assemblée générale de l’Association de défense des victimes de maladies professionnelles (Adevimap) qui compte plus de 600 adhérents a été dense jeudi en salle des conférences de l’hôtel de ville. Introduite par une remarquable sélection d’images de Maritima Médias, Euronews ou LCM, cette assemblée a été largement consacrée à la question de l’amiante.
La défense des anciens salariés des entreprises classées (« amiante » fait partie des quatre grands axes d’actions de l’association pour l’année 2014. L’Adevimap agit pour que ces ex-salariés puissent bénéficier de l’allocation de cessation anticipée d’activité et pour qu’ils obtiennent la compensation de leur perte de salaire lors du passage en «pré-retraite amiante » et la réparation du « préjudice d’anxiété ».
pour un procès au pénal
Interrogée sur l’absence de procès en France alors que les dirigeants d’Eternit ont été condamnés à 16 ans de réclusion en Italie, l’avocate du cabinet Teissonnière-Topaloff-Lafforgue-Andreu, Julie Andreu évoquait « les 18 ans de plaintes pénales» et l’espoir d’un procès en 2015.
Dans une résolution adoptée lors de cette assemblée générale, les adhérents « interpellent les politiques et exigent que des moyens soient donnés aux magistrats pour concrétiser dans des délais respectables, enfin, le jugement au pénal des empoisonneurs».
Le préjudice d’anxiété – lié au fait que les anciens salariés ne savent pas s’ils ne vont pas développer une pathologie – est reconnu depuis le 11 mai 2010 par la cour de cassation. Et dans ce domaine, le conseil des prud’hommes de Martigues a pris des décisions extrêmement satisfaisantes », précise Me Julie Andreu.
Si l’Adevimap fait partie du réseau national Andeva qui compte plus de 60 associations et 30 000 adhérents, son action concerne la défense des victimes de maladies professionnelles dans leur ensemble. 700 dossiers sont en cours.
L’Adevimap tient deux permanences mensuelles à la Maison de la Justice et du Droit, située dans le quartier de Paradis-Saint-Roch. Elle agit aussi pour une surveillance médicale spécifique aux personnes exposées ou ayant été exposées à des agents cancérigènes et à certains risques professionnels et s’implique dans la politique de santé locale.
L’importance du suivi post-professionel
L’Adevimap coopère avec plusieurs acteurs du territoire comme le service promotion de la santé du Pays de Martigues, le réseau de prévention et de soins des pathologies professionnelles de la CAPM ou l’Associationpour la prévention et la connaissance des maladies éliminables présidée par le Dr Marc Andéol.
« C’est important pour améliorer le cadastre et mieux connaître les points à risques », souligne Maurice Huc, président de 1’Adevimap. Et ainsi mettre en oeuvre une politique de prévention et de suivi post-professionnel.
En l’occurrence, l’association rappelle qu’il s’agit d’un (droit pour tous les salariés ayant été exposés à des agents ou procédés cancérigènes et/ou toxiques » et qu’en raison de la longueur des délais de prise en charge de certaines maladies professionnelles et l’apparition tardive des symptômes il est nécessaire que la surveillance médicale soit poursuivie après toute cessation d’exposition au risque concerné ».
L’Adevimap envisage de proposer aux syndicats adhérents collectifs de l’association un projet d’initiatives auprès des salariés (organiques et sous-traitants) pour leur permettre de connaître leurs droits au départ de l’entreprise.
Cette visée de l’égalité de traitement entre les catégories de salariés est essentielle pour l’association car « depuis plusieurs décennies, les grandes entreprises du bassin Etang de Berre-Fos sous-traitent les tâches qui ne relèvent pas de leur coeur de métier ». 50% des dossiers de l’Adevimap concernent d’ailleurs des salariés d’entreprises sous-traitantes.
JEAN-FRANÇOIS ARNICHAND
